mardi 2 décembre 2014

ROUTE AU SUD 1

J-0 Retrouvailles !

La matinée est plus orientée « farniente », enfin pour moi car tout autour c'est l'ambiance ruche qui prédomine : Rentrée des bateaux, débarquement/embarquement des touristes, avitaillement, bref le ponton ressemble au périph' un lundi matin.
A propos de touristes, puisque la plupart viennent faire du bateau en charter, c'est dire que, comme nous le faisions nous-mêmes jadis, ils louent une cabine sur un gros catamaran skippé par un professionnel. La nomenclature du marin à la semaine est assez drôle à établir :
  • Le client triste traine son lourd sac avec une mine désabusée qui en dit long sur sa fatigue (lorsqu'il arrive à bord) ou sa résignation (lorsqu'il repart)
  • Le client inquiet de tout scrute les mats, les coques, se soucie du manque de place, de toutes ces ficelles qui trainent sur pont et du risque de chute, du temps qu'il fait et de celui qu'il va rencontrer
  • le sportif arrive à bord en débardeur et contemple les winches avec mépris, se voyant border les voiles à mains nues, rêve d'un crawl dans la baie du marin (mais voyant tout le ponton pisser dans la même eau il s'interroge quand même)


  • le boucanier se présente à bord avec barbe et odeurs, se jette avidement sur le circuit complexe des bosses de ris, commente à l'envie son dernier empannage et rêve de rafales de vent et de gîte infernales


La litanie peut se poursuivre longtemps, entre la bande de potes, le petit couple amoureux ,la mamie ronchon, le célib érectile la vielle fille sportive, l'hypocondriaque et le chauffeur poids lourds : Tout le monde est curieux de la mer, a envie de voyager sous un angle neuf.






Midi, petite sieste, suivie des formalités de douane, la fameuse « clearance » et il est temps de prendre la route pour l'aéroport. La Belle doit arriver vers 17h. Et de fait elle arrive bien à 17H.


Retour sans délai au Marin, embarquement, Florence découvre le bateau, qu'elle déclare instantanément « peu rangeable » un propos de fille....


Entre temps, j'ai eu nos amis Gérard et Myriam au téléphone : ils carènent, comprendre leur bateau est sorti de l'eau pour refaire la peinture sous-marine. Nous dinons ensemble et chacun raconte ses périples de l'année. Florence ploie tout doucement sous l'action combinée du décalage horaire et du rhum, c'est l'heure du coucher.






J1 Départ !!!!




















Nous y voilà. Levée tôt pour cause de jetlag ou de ronflements (allez trier le vrai du faux) Florence a décidé de consacrer son lever à une séance de rangement sans place ; c'est dire que je partage rapidement son plaisir d'être réveillé....

Nous bouclons les dernières corvées puis direction le supermarché pour un complément de courses rendu nécessaire par l'absence de congélateur sur le bateau. De retour à la marina nous sommes définitivement prêts à partir.

Les amarres sont larguées avec une aisance incomparable (normal je ne suis pas à la manœuvre, c'est le personnel de DYC qui s'en charge) et nous prenons le chenal qui nous mène au large selon une règle bien connue : bouée verte à gauche et bouée rouge à droite. C'est binaire, facile comprendre, niveau … bac-10. Allez savoir pourquoi, tout en restant attentif je finit par me retrouver à gauche d'une bouée rouge donc tout le contraire. La sanction tombe presque instantanément, j'échoue le bateau sur un fond sableux. En apparence, pas de casse car j'avançais à toute petite vitesse et j'ai même battu arrière avant l'arrêt ; toujours est-il que ce n'est guère glorieux ! J'ai le rouge au front au point que j'en oublie de vous parler d'un formidable transporteur de yacht que nous avons croisé en baie du Marin. Un engin prodigieux qui convoie des yachts.
























Avec de l'eau sous la quille notre navigation vers Sainte Lucie prend un tour moins épique que notre sortie : Le bateau est bientôt sous voile et nous voguons à bonne allure : 15 nds de grand largue et une vitesse moyenne pour la journée qui avoisine les 7nds




















Pendant la traversée, Florence attaque la pêche et c'est mémorable : Les nœuds issus d'un mauvais enroulage initial (peut être ma faute je le confesse) sont dénoués d'un coup de ciseau, le moulinet se bloque alors que nous avions une touche et le poisson se décroche. Le comble est atteint lorsqu'une mouette s'empare du rapala (le leurre) et casse la ligne. Mon adjointe pécheur est furieuse et maudit le volatile destructeur.










Finalement Marigot Bay est en vue et son petit chenal, presque invisible de la mer. L'oeil rivé sur les bouées je gouverne le bateau jusqu'au mouillage dont florence s'acquitte avec son talent habituel (elle a juste à lancer la patte d'oie à un local qui nous amarre sans coup férir. Il est 17H, l'apéro et la nuit nous attendent au fond d'une baie charmante bordée d'une palmeraie. Le diner est paresseux, à terre dans un bar qui fleure bon l'anglo-saxon. Alors que coté cuisine, nous nous attendons au pire, nous goutons au meilleur : Un mahi-mahi (poisson des iles) délicieux, grillé de façon succulente, moelleux et copieux, un régal dont le souvenir se doit de figurer sur nos tablettes.












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