lundi 8 décembre 2014

AU COEUR GRENADINES 2

5 Arrivée au Paradis

Aujourd'hui, nous pointons l'étrave vers les Tobago Cays le but géographique principal de notre voyage. La démocratie régnant en maître à bord, je consulte Florence sur notre trajet et nous convenons d'une halte au sud de Mayreau pour décharger les poubelles (et oui, l'intendance demeure) et trouver une connexion WIFI. Nous faisons malheureusement chou blanc, le bistro où nous nous sommes posés et qui annonce fièrement du réseau est aussi peu connecté que sa serveuse est aimable. Nous quittons les lieux, un peu frustrés, pourtant que la baie de Salines est belle !


Retour à bord et cap sur Petit Rameau, l'une des quatre îles qui forme l'archipel où nous allons rester quelques jours.
… l'Evangile selon St Jacques : « en mécanique, si quelque chose force, ce n'est pas normal »
… Application en mer : « si l'écoute du génois force, avant de wincher comme une brute, se demander si la bosse de l'enrouleur n'est pas coincée »... Cet adage rappelé maintes fois par Florence (apparemment un héritage familial) se révèle effectivement exact : un nœud s'est créé au niveau du taquet de l'enrouleur ! Sur un bateau, il y a toujours une des 40 « ficelles » prête à bloquer le bon fonctionnement d'une autre...
En route nouvel accident de pêche : Un « gros poisson » s'entiche de notre avant-dernier rapala (le leurre que l'on utilise pour faire croire à cet abruti de poisson que le déjeuner est servi) et fait ployer la ligne, au point que Florence peine à effectuer quelques tours de moulinet. Comme tout cela survient à quelques centaines de mètres de notre mouillage et que nous naviguons en hauts-fonds, je crois même un instant que mon lieutenant-pêcheur exagère un peu sa prise. Il n'en est rien, le brutal parvient à casser la ligne et s'enfuit avec notre hameçon. Je dois humblement avouer que ma technique des nœuds (ceux qui raccordent le fil de la canne à pêche à la ligne d'hameçon) mérite d'être remise en cause. En tout cas, il est urgent de trouver à Union, l'ile voisine, un marchand de matériel de pêche.
Mouillage de rêve entre Petit Bateau et Petit Rameau, après avoir croisé le sistership de notre bateau.

Nous sommes amarrés entre deux îles, protégés du vent et de la houle, en paix. Petit en-cas, petite sieste puis sur la requête impérieuse de Florence, direction l'Ile aux Tortues. Plus prosaïquement dénommée « Barradal » sur les cartes, la côte sous le vent de cette ile recèle de nombreuses tortues, de mer évidemment, qui nagent sur un fond sableux. Nous croisons également une splendide raie (famille des requins) et son poisson pilote. Au total, plus d'une heure de natation dans une mer à 26°, offrant un magnifique spectacle aquatique.

Le jour s'engloutit dans la mer. Les BQ rougissent, à bord comme à terre. Florence vient d'embaumer le bateau avec des oignons destinés à des empanadas et la Pinacolada du soir est particulièrement savoureuse.


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