samedi 29 novembre 2014

Embarquement

J-3 Arrivée à Bord

Le jour du départ n'était pas peu attendu !
Comme souvent, c'est au denier moment que j'ai rempli ma valise, enfin si l'on peut dire rempli tant celle-ci est déjà pleine du matériel de plongée et désormais de pêche. S'ajoute à ce premier sac une valisette qui contient et protège le fameux drone que j'ai acheté la semaine passée, pour tenter de réaliser des images du bateau.
L'enregistrement électronique sur mon vol Paris – Fort de France me permet d'éviter une longue file d'attente et je parviens sans encombre au comptoir pour déposer mes bagages. Sans surprise, le préposé constate un excédent, me remet mes 2 tickets de valise et m'invite à aller régler la majoration, 100 Euros, au guichet de vente, lequel est bondé. Je décide de tenter d'oublier la surtaxe, après tout, mes valises sont désormais dans l'avion et j'ai ma carte d'accès à bord. Après des formalités rapides et quelques achats au « Duty free » j'aborde la zone d'embarquement, le cœur léger. C'est méconnaitre les vertus de l'informatique : Lorsque l’hôtesse contrôle mon billet, son écran se met à sonner comme un beffroi lillois et je me retrouve mis à l'écart :
« Cher monsieur », m'aborde une jeune femme galonnée de la compagnie aérienne,
« Vous n'avez pas réglé votre complément de bagages »
Je prend l'air interloqué, mais néanmoins confus
« C'est tout à fait exact chère madame, après l'enregistrement, j'ai reçu un coup de fil, puis j'ai totalement oublié d'aller au comptoir de vente je suis désolé, que puis-je faire »
En secret j'espère que ma franchise et mon désarroi feint vont inspirer l'indulgence et que l'urgence de l'embarquement fera le reste
Hélas la manche galonnée plonge sous le comptoir et en ramène une machine à carte de paiement. Je suis fait... bel et bien fait. J'abandonne piteusement mes 100€ et me dirige vers l'avion... Perdu.
Le vol quoiqu émaillé de pleurs d'enfants et d'une crise d'hystérie, se déroule sans histoire ; 4 heures de sieste facilitent bien la tâche et je débarque sans histoire en Martinique à 17H (22H à Paris) et gagne le Marin, en dépit d'une circulation qui, de voyages en voyages, me parait chaque année plus hallucinante sur cette ile.

Vue du bord de Janus
Le bateau, éclairé et ouvert, m'attends sagement au ponton. Quoique la nuit soit déjà tombée, il me paraît dans un excellent état de propreté mais je repousse à demain une inspection détaillée, me contentant de savourer le plaisir d'être à bord et la promesse de nos navigations à venir.
Douche puis diner à la marina ; je regagne le bord et tente de repousser un peu l'heure du coucher pour éviter un réveil trop précoce le lendemain. Mais une averse me cloue à l'intérieur : Il est temps de rendre les armes.


J-2

Journée de travail, passé avec le chef d'agence de la filiale que mon employeur détient en Martinique.

J'ai regagné mon bord vers 17H et suis passé chez DYC, le loueur du bateau, pour les papiers d'embarquement ; Claire, la secrétaire, aussi efficace que charmante, a expédié les formalités à grande allure. Rendez-vous est pris demain, pour la prise en main avec le chef de base, puis vient l'heure de l'avitaillement (faire les courses en langage terrien) que je limite aux seuls liquides pour ce premier tour : Vin, rhum et bière, nous avons de quoi prendre une cuite par jour, mais je garantis qu'avant de les boire, ces bouteilles je les ai suées : La manutention par 28° d'n coffre entier de bouteilles jusqu'au bateau m'a valu de perdre un litre d'eau. Demain, j'y retourne pour l'alimentaire et l'intendance du bord mais pour l'heure c'est la douche, je n'en peu plus !


J-1 Toujours à quai

Au terme d'une dernière matinée de travail je regagne Le Marin ; les plaisirs commenceront vraiment lorsque Florence m'aura rejoint, demain, mais l'heure est déjà aux vacances. Je boucle quelques détails d'intendance avec un second passage au supermarché pour alimenter les réserves alimentaires (quelle corvée) et la séance de prise en main du bateau, raccourcie à l'extrême pour cause d'hyperactivité sur le ponton :
Janus vu du quai au petit matin
Ici la saison vient de débuter, avec la fin de la saison cyclonique.Elle avait sans doute commencé petitement, à en juger par la publicité reçue de DYC notre loueur qui proposait des ristournes jusqu'à Noël. Visiblement les clients ont été séduits, puisque ce ne sont pas moins de 16 bateaux qui , ce WE, quittent la marina. C'est pourquoi l'agitation est à son comble : Un ballet incessant s'organise autour des bateaux à quai, afin de nettoyer les bateaux à grand jet, pourvoir aux besoins en literie, procéder en express, aux petites réparations qui s'imposent ; le quai est jonché de boites à outils et des jurons des mécanos de DYC : ici une p... de rondelle vient de glisser à l'eau (la destinée de tout objet utile qu'on vient de poser au sol, là une saloperie de vis rouillée ne veut plus se débloquer (et oui, en mer l'inox rouille...) Sur mon bâbord, un sistership fait l'objet de tous les soins : sa rotule de safran, bloquée, immobilise complètement la barre et mobilise l'attention du chef de base, décidément soucieux de manquer de bateau. A cette frénésie s'ajoute les premiers embarquements de touristes.
Le soleil s'engloutit dans l'océan, les cockpits s'illuminent et le temps de l'apéro supplante celui des mécanos, les rires remplacent les cris. Je fais la connaissance d'un couple de hollandais, nous discutons … bateaux évidemment; la bouteille de rhum subit l'assaut, malgré de multiples reculades résiste vaillamment, refusant de succomber à la première bataille qu'elle livre. Quoique sérieusement diminuée, elle conserve sa position, prête à livrer demain un nouveau combat.
Ma Belle arrive demain, la vie commence !

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