J-3 Arrivée à Bord
Le jour du départ
n'était pas peu attendu !
Comme souvent, c'est au
denier moment que j'ai rempli ma valise, enfin si l'on peut dire
rempli tant celle-ci est déjà pleine du matériel de plongée et
désormais de pêche. S'ajoute à ce premier sac une valisette qui
contient et protège le fameux drone que j'ai acheté la semaine
passée, pour tenter de réaliser des images du bateau.
L'enregistrement
électronique sur mon vol Paris – Fort de France me permet d'éviter
une longue file d'attente et je parviens sans encombre au comptoir
pour déposer mes bagages. Sans surprise, le préposé constate un
excédent, me remet mes 2 tickets de valise et m'invite à aller
régler la majoration, 100 Euros, au guichet de vente, lequel est
bondé. Je décide de tenter d'oublier la surtaxe, après tout, mes
valises sont désormais dans l'avion et j'ai ma carte d'accès à
bord. Après des formalités rapides et quelques achats au « Duty
free » j'aborde la zone d'embarquement, le cœur léger. C'est
méconnaitre les vertus de l'informatique : Lorsque l’hôtesse
contrôle mon billet, son écran se met à sonner comme un beffroi
lillois et je me retrouve mis à l'écart :
« Cher monsieur »,
m'aborde une jeune femme galonnée de la compagnie aérienne,
« Vous n'avez pas
réglé votre complément de bagages »
Je prend l'air
interloqué, mais néanmoins confus
« C'est tout à
fait exact chère madame, après l'enregistrement, j'ai reçu un coup
de fil, puis j'ai totalement oublié d'aller au comptoir de vente je
suis désolé, que puis-je faire »
En secret j'espère que
ma franchise et mon désarroi feint vont inspirer l'indulgence et que
l'urgence de l'embarquement fera le reste
Hélas la manche galonnée
plonge sous le comptoir et en ramène une machine à carte de
paiement. Je suis fait... bel et bien fait. J'abandonne piteusement
mes 100€ et me dirige vers l'avion... Perdu.
Le vol quoiqu émaillé
de pleurs d'enfants et d'une crise d'hystérie, se déroule sans
histoire ; 4 heures de sieste facilitent bien la tâche et je
débarque sans histoire en Martinique à 17H (22H à Paris) et gagne
le Marin, en dépit d'une circulation qui, de voyages en voyages, me
parait chaque année plus hallucinante sur cette ile.
| Vue du bord de Janus |
Le bateau, éclairé et
ouvert, m'attends sagement au ponton. Quoique la nuit soit déjà
tombée, il me paraît dans un excellent état de propreté mais je
repousse à demain une inspection détaillée, me contentant de
savourer le plaisir d'être à bord et la promesse de nos navigations
à venir.
Douche puis diner à la
marina ; je regagne le bord et tente de repousser un peu l'heure
du coucher pour éviter un réveil trop précoce le lendemain. Mais
une averse me cloue à l'intérieur : Il est temps de rendre les
armes.
J-2
Journée de travail,
passé avec le chef d'agence de la filiale que mon employeur détient
en Martinique.
J'ai regagné mon bord
vers 17H et suis passé chez DYC, le loueur du bateau, pour les
papiers d'embarquement ; Claire, la secrétaire, aussi efficace
que charmante, a expédié les formalités à grande allure.
Rendez-vous est pris demain, pour la prise en main avec le chef de
base, puis vient l'heure de l'avitaillement (faire les courses en
langage terrien) que je limite aux seuls liquides pour ce premier
tour : Vin, rhum et bière, nous avons de quoi prendre une cuite
par jour, mais je garantis qu'avant de les boire, ces bouteilles je
les ai suées : La manutention par 28° d'n coffre entier de
bouteilles jusqu'au bateau m'a valu de perdre un litre d'eau. Demain,
j'y retourne pour l'alimentaire et l'intendance du bord mais pour
l'heure c'est la douche, je n'en peu plus !
J-1 Toujours à quai
![]() |
| Janus vu du quai au petit matin |
Ici la saison vient de
débuter, avec la fin de la saison cyclonique.Elle avait sans doute
commencé petitement, à en juger par la publicité reçue de DYC
notre loueur qui proposait des ristournes jusqu'à Noël. Visiblement
les clients ont été séduits, puisque ce ne sont pas moins de 16
bateaux qui , ce WE, quittent la marina. C'est pourquoi l'agitation
est à son comble : Un ballet incessant s'organise autour des
bateaux à quai, afin de nettoyer les bateaux à grand jet, pourvoir
aux besoins en literie, procéder en express, aux petites réparations
qui s'imposent ; le quai est jonché de boites à outils et des
jurons des mécanos de DYC : ici une p... de rondelle vient de
glisser à l'eau (la destinée de tout objet utile qu'on vient de
poser au sol, là une saloperie de vis rouillée ne veut plus se
débloquer (et oui, en mer l'inox rouille...) Sur mon bâbord, un
sistership fait l'objet de tous les soins : sa rotule de safran,
bloquée, immobilise complètement la barre et mobilise l'attention
du chef de base, décidément soucieux de manquer de bateau. A cette
frénésie s'ajoute les premiers embarquements de touristes.
Le soleil s'engloutit
dans l'océan, les cockpits s'illuminent et le temps de l'apéro
supplante celui des mécanos, les rires remplacent les cris. Je fais
la connaissance d'un couple de hollandais, nous discutons … bateaux
évidemment; la bouteille de rhum subit l'assaut, malgré de
multiples reculades résiste vaillamment, refusant de succomber à la
première bataille qu'elle livre. Quoique sérieusement diminuée,
elle conserve sa position, prête à livrer demain un nouveau combat.
Ma Belle arrive demain,
la vie commence !

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