mardi 2 décembre 2014

ROUTE AU SUD 2

J2 Grande Navigation : Sainte Lucie Bequia

Au programme du jour, descente au sud, 65 miles de mer (110km) à faire de jour, d'où un départ avant 7H pour une arrivée programmée au plus tard à 17H ; la nuit tombe vite sous les tropiques. Pour ceux qui seraient intrigués par ce timing maritime qui témoigne d'une fière moyenne de 6,5Nds, je rappelle un principe bien connu des voileux. La voile est le moyen le plus couteux, le plus lent et le plus inconfortable de se rendre d'un port à un autre. Mais quand vous aurez lu nos aventures du jour vous comprendrez mieux

Nous quittons donc Marigot Bay au petit jour, un maigre café dans le ventre, il faut faire vite. Enfin « vite » c'est vite dit : La côte nous dévente et la première heure s'accomplit au moteur, à petite, sonore et piteuse allure ; pourtant, nous sommes toutes voiles dehors, Genaker établi. Mais, au fur et à mesure que nous nous éloignons de l'île, le vent s'établit, forcit et nous voilà rapidement avec force 5 et un bateau qui file désormais à 8Nds, nous ferons plusieurs pointes au delà de 10 atteindrons une fois 11nds : je suis fier comme Artaban. Cet été, aux Iles Vierges, nous n'avions jamais navigué avec cette qualité de vent et je découvre un plaisir nouveau. 

Florence, qui paraissait moins touchée par la grâce de la vitesse, vient d'attraper la canne à pêche et ses exploits méritent d'être comptés par le menu :
  • Elle a tout d'abord entamé un sérieux conflit avec le moulinet, la manivelle et le frein, le premier refusant de bobiner, la seconde tournant dans le vide et le troisième ayant choisi de se désolidariser des deux premiers : démontage sévère et ô miracle, tout remarche à merveille.
  • Le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent est notoirement poissonneux et Florence pleine d'allant ; elle s'attend à trois touches dans la journée (une seule serait un exploit vu la vitesse à laquelle nous naviguons...). Premier « ziiiip » du moulinet. Nous naviguons à près de 10 Nds et l'Animal a du mal à suivre la cadence, Florence moulinant avec un entrain remarquable... tellement remarquable que la canne casse net au niveau de la poignée : Immense désarroi et jurons du pêcheur... Il faut reconnaître que n'ayant jamais pêché, et de plus avec une canne à présent raccourcie de 30 bons cm, les 3 poissons doivent bien rire ! Les touches suivantes seront plus « végétariennes ». A chaque champ d'algues que nous traversons, le moulinet s'emballe et Florence attrape des... sushis, comprendre des petites, des moyennes, voire des grosses algues. Le pêcheur jure derechef !
  • Enfin se rejoignent la récompense de la persévérance et l'apothéose du pêcheur. Tout commence par une petite touche, presque infime certainement médiocre, à peine sensible en tout cas. Mais l'instinct tout neuf du pêcheur s'est éveillé en Florence qui mouline, mouline, mouline, avant de s'écrier :
    «  Il y a un poisson »
    La plus belle preuve d'amour que je puisse lui donner est de la croire et de fait il y a bien un poisson, un Barracuda de 50cm, poison connu pour sa mollesse à la capture, et son goût agréable à l'assiette. La bête est ramenée sans encombre, succombe sans effort d'un coup de rhum dans les ouïes (la première fois nous nous sommes trompés et avons versé du sucre de canne sans aucun effet). Vidé sur le champ, il est évidemment au menu de ce soir.
Dernière aventure du jour, la rencontre avec des Dauphins :
Par le travers de Saint Vincent, l'ile nous a déventés et je peste en guettant le moutons sur la mer, signal du retour du précieux vent. Deux cents mètres en avant de l'étrave, soudain de nombreux «  moutons » surgissent ensemble. Ce n'est pas de l'écume mais un banc d'une vingtaine de dauphins qui sautent à notre rencontre. Le spectacle est précieux et bref car ils avancent en sens contraire au nôtre et jouent seulement quelques instants sur notre avant, puis reprennent leur route. Une vision fugace et magnifique, immortalisée en vidéo.




L'arrivée à Bequia est ponctuelle, simple et efficace. Florence a mouillé l'ancre avec élégance et efficacité. Nous sommes cuits de soleil. Le barracuda cuit lui aussi, mais au BQ, est succulent, moelleux à souhait. Un petit Graves 2008 complète notre bonheur. Nous sommes prêts pour une longue nuit de repos.
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