lundi 8 décembre 2014

LE PARADIS EST EN MER

J8 : Rédemption

La journée au départ des TC's démarre sous des augures incertaines : Nous n'avons certes que 12 miles à abattre pour gagner Cariaccou, mais le vent est nul de chez nul, entre 1 et 2 Nds et nous devons avancer au moteur ; grâce à Dieu tout malheur a son bon côté : qui dit moteur dit recharge des batteries et fonctionnement du dessalinisateur ; Nous arriverons à Saline Bay les soutes pleines d'ampères et d'eau. Je passe sur la pêche du jour tant nous sommes désormais familiers des exploits de Florence, qui remonte cette fois un Tazard, gentil animal qui fera notre diner ( et même un peu de l'apéro avec un filet mariné au citron) ;
malheureusement, la canne s'est à nouveau cassée et est désormais amputée du haut, ce qui prouve que nos pêches doivent beaucoup moins à la technique du matériel qu'à la science et l'intuition du lieutenant.

Arrivée sur Saline, un enchantement ; la petite baie est à l'identique des souvenirs de Florence qui est sur un petit nuage. Mer turquoise, moins de 2 mètres de fonds (merci Catana), bref lorsque nous descendons du bateau, nous avons pied !


Le déjeuner est remarquable d'originalité : jambon de Bayonne (du vrai) sur fond d'ile déserte. Après une courte sieste, nous partons explorer les récifs dont le souvenir est précis : Tout plein de petits poissons multicolores se nichent dans le petit fond rocheux qui bordent la plage. Avant d'y parvenir nous traversons notre diner de demain soir : Le sol est jonché d'oursins qui nous attendent pour une omelette mémorable. 

Retour au bateau car même dans une eau à 26° on finit par prendre froid, 
Puis séance de …. rien.                               Un peu de rien fait beaucoup de bien.

Mes lectures relatives au site ou nous avons mouillé sont toutefois un peu préoccupantes. On y parle de renverse du courant, de risque d'échouage et de la nécessité de jeter deux ancres. Alors que le Lieutenant est d'habitude l'élément le plus prudent de l'équipage, je peine un peu à la convaincre de manutentionner la seconde ancre sur l'arrière, puis de chainer 5 mètres et d'assurer le tout par un bout monté sur un winch arrière.

La technique une fois assurée, il nous reste à profiter du calme infini de la soirée. Nous constatons que la lune, pleine hier est aujourd'hui invisible et deux hypothèses d'égale probabilité s'offrent à nous pour expliquer ce mystère :
  • Soit une couverture nuageuse impromptue cache l'astre mort
  • Soit la lune s'est inscrite à la CGT et a entamé instantanément un processus de débrayage sans préavis
La seconde option est clairement (surtout par nuit noire) la plus vraisemblable

Le Tazard, poisson dont le taux de syndicalisation est notoirement moindre que celui des satellites, a été convoqué sur son lieu de cuisson, s'y est présenté sans retard ni regret ; il cuit actuellement sur le BQ, fier de son destin : il nourrit l'équipage affamé et fier de sa journée.

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