J8 :
Rédemption
La journée
au départ des TC's démarre sous des augures incertaines : Nous
n'avons certes que 12 miles à abattre pour gagner Cariaccou, mais le
vent est nul de chez nul, entre 1 et 2 Nds et nous devons avancer au
moteur ; grâce à Dieu tout malheur a son bon côté : qui
dit moteur dit recharge des batteries et fonctionnement du
dessalinisateur ; Nous arriverons à Saline Bay les soutes
pleines d'ampères et d'eau. Je passe sur la pêche du jour tant nous
sommes désormais familiers des exploits de Florence, qui remonte
cette fois un Tazard, gentil animal qui fera notre diner ( et même
un peu de l'apéro avec un filet mariné au citron) ;
malheureusement,
la canne s'est à nouveau cassée et est désormais amputée du haut,
ce qui prouve que nos pêches doivent beaucoup moins à la technique
du matériel qu'à la science et l'intuition du lieutenant.
Le déjeuner
est remarquable d'originalité : jambon de Bayonne (du vrai) sur
fond d'ile déserte. Après une courte sieste, nous partons explorer
les récifs dont le souvenir est précis : Tout plein de petits
poissons multicolores se nichent dans le petit fond rocheux qui
bordent la plage. Avant d'y parvenir nous traversons notre diner de
demain soir : Le sol est jonché d'oursins qui nous attendent
pour une omelette mémorable.
Retour au bateau car même dans une eau
à 26° on finit par prendre froid,
Puis
séance de …. rien. Un peu de
rien fait beaucoup de bien.
Mes lectures
relatives au site ou nous avons mouillé sont toutefois un peu
préoccupantes. On y parle de renverse du courant, de risque
d'échouage et de la nécessité de jeter deux ancres. Alors que le
Lieutenant est d'habitude l'élément le plus prudent de l'équipage,
je peine un peu à la convaincre de manutentionner la seconde ancre
sur l'arrière, puis de chainer 5 mètres et d'assurer le tout par un
bout monté sur un winch arrière.
La technique
une fois assurée, il nous reste à profiter du calme infini de la
soirée. Nous constatons que la lune, pleine hier est aujourd'hui
invisible et deux hypothèses d'égale probabilité s'offrent à nous
pour expliquer ce mystère :
- Soit une couverture nuageuse impromptue cache l'astre mort
- Soit la lune s'est inscrite à la CGT et a entamé instantanément un processus de débrayage sans préavis
La seconde
option est clairement (surtout par nuit noire) la plus vraisemblable
Le Tazard,
poisson dont le taux de syndicalisation est notoirement moindre que
celui des satellites, a été convoqué sur son lieu de cuisson, s'y
est présenté sans retard ni regret ; il cuit actuellement sur
le BQ, fier de son destin : il nourrit l'équipage affamé et
fier de sa journée.
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