dimanche 14 décembre 2014

ROUTE DE NUIT

J13 J14 et J15 Jours fusionnés pour cause de même nuit

Départ de Saint Vincent et même histoire que la veille, le vent tourne au nord est en même temps qu'il refuse. Les choses deviennent sinon préoccupantes du moins plus sérieuses : nous sommes vendredi matin 9H et nous devons être dans 26 heures au Marin, en Martinique, 95 miles (route GPS) au nord est, presque droit d'ou vient le vent ; deux options s'offrent donc à nous :
  • soit nous marchons au moteur, en privilégiant le cap pour réduire la distance et la voile nous donnera un coup de matin seulement lorsque le conditions serons satisfaisantes
  • soit nous restons seulement à la voile mais alors, compte tenu des bords à tirer, la distance réelle est de 140 miles et il faut alors compter plus de 24 heures, donc une nuit de navigation en mer.
Deux paramètres supplémentaires doivent être pris en compte : d'une part le vent, attendu autour de 12 à 15 Nds peut varier en intensité (coté orientation il ne peut guère être pire sauf à virer au nord, cas très peu probable) D'autre part si nous nous sommes fixés comme but d'arriver vers 11H demain matin , notre vol n'est qu'à 20H ce qui nous laisse un pied de pilote considérable.
Je soumets évidemment la décision à Florence, ma préférence allant à la solution de « nav de nuit » plus interessante. Mon lieutenant se range volontiers à mon avis ; de toute façon l'escale aurait été courte et la navigation au moteur est bruyante donc inconfortable.
Je recalcule une route selon ces nouveaux paramètres. Sur les 26 heures de navigation anticipée, près de 6 ne serviront qu'à « faire du cap » et donc 18 heures sur la « bonne » route pour accomplir 90 miles donc 5 Nds de moyenne : c'est jouable avec le vent annoncé, mais il ne faut pas trainer en route.
La matinée se déroule sur le bord de cap frustrant puisque nous ne voyons guère notre point de départ s'éloigner. Florence va à la pêche, perd l'avant dernier rapala, ainsi s'en va notre diner.
L'après midi, nous faisons enfin de la route et doublons le nord de Saint Vincent pour entrer dans le « canal » qui le sépare de Sainte Lucie que nous franchissons avant la nuit. Coté pêche, deux événement notoires clôturent notre première saison : l'un est frustrant puisque nous manquons, par mon manque d'empressement un joli poisson que Florence avait ramené à bord et qui se décroche bêtement à 20 centimètres de la jupe arrière ; l'autre est la disparition du dernier rappala, emporté par un plus gros poisson, qui a carrément cassé la ligne au niveau du moulinet
Océan 7 (rapalas) Pêcheur 3 (poissons) le score final est sans appel mais nous donne des envies de revanche : Nous reviendrons avec du matériel plus « lourd »
Dès le début de nuit, à partir de 18H, nous refaisons du cap, mais le vent forcit un peu, puis une série de grains défile : Risées à 20 puis 23 Nds. Compte tenu que ces surventes sont très temporaires et très éloignées des prévisions météo, je suis réticent à prendre un ris alors qu'à 20 Nds de vent le bateau marche fort (8nds au près) mais tape assez peu. Je choisis de ralentir en réduisant le génois d'un tiers et l'effet est immédiat, notre allure ralentit de 2Nds. 21H, Florence va se coucher, sinon inquiète du moins attentive à la nuit que va passer son marin favori. 23H, nouveaux grains, la pluie s'en mêle, les risées enflent et les vagues grossissent un peu. Certes la nuit cache les creux mais le catamaran commence à taper un peu, ce qui n'allège pas le sommeil de l'équipage. 1H du matin, le dernier grain me conduit à réduire encore le Génois et là, subitement, le bateau trouve son équilibre parfait, cesse de se heurter aux voiles, tout devient fluide et Florence s'endort dans sa cabine. Pendant ce temps, je veille, emmitouflé dans un ciré (le pleut parfois) je somnole quelques minutes, puis retourne vérifier qu'aucun autre navire ne croise notre route ; les heures s'égrènent doucement.
4H, Florence apparaît sur le pont et me relaie à la veille, je m'endors pour 2 bonnes heures de plein sommeil. Le lever du soleil nous surprend débordant la pointe nord de Sainte Lucie, à 35 miles de la Martinique sur une route de largue et à 10H, nous franchissons la première bouée d'entrée du port du Marin. A l'heure !
Les formalités de restitution du bateau, le déjeuner suivi de sa sieste et la clearance de douane nous conduisent à petits pas vers le moment de quitter la mer pour l'aéroport, un nouvel embarquement, une excellente nuit de sommeil pour Florence (chose rare) comme pour moi (chose courante) et nous voilà à Paris en début de matinée ; nous avons perdu 25° de température ! Une rapide visite au salon nautique nous ménage une transition douce entre hier, le bateau et demain le froid. Avec la bénédiction de Florence, j'ai acheté une voile d'avant extraordinaire, un Parasailor que j'emmènerai lors de notre prochain périple, été 2015, en Guadeloupe. La bibliothèque marine s'étoffe un peu. Elle permet de rêver jusqu'au prochain voyage...



jeudi 11 décembre 2014

SALINE ISLAND 3

J11 Beyond Heavens (Qu'y a t'il au delà du Paradis)

Après une journée comme celle d'hier, comment revenir sur terre (ou plutôt, nous concernant, sur mer). Eh bien nous n'avons pas le choix puisque ce matin un visiteur, autant dire un intrus, est venu mouiller à deux encablures de nous. Fini la quiétude, la vie à poil ; l'enfer, c'est les autres !
Ce n'est quand même pas l'enfer, Florence, l'exploratrice, à trouvé trois langoustes et m'invite à venir voir si il n'y aurait pas moyen de commettre un crime.... oh, un tout petit... à l'échelle de ces langoustes qui sont bien maigres, bien jeunes. Conscience écologique contre appétit féroce. Notre manque de pratique tranche en lieu et place de notre conscience. La langouste est intouchable dans son trou et quand elle s'en échappe, elle est aussi facile à saisir qu'un poulet hystérique dans une basse-cour (pas encore « bourré » au pain trampé dans du vin, quoi!). Modulo quoi nous sommes contraints de déposer les armes (gant et fourchette BQ) et retourner à bord afin de mener à bien les préparatifs de départ, à savoir :
  • Déjeuner rapide (finir le foie gras)
  • Petite sieste
  • Fermeture des hublots du bord
  • Relever l'ancre

Nous sommes repartis, direction Petit Saint Vincent et j'en viens à confesser mes fautes de médiocre marin : J'avais le choix entre deux routes celle « au vent » par le sud, celle « sous le vent » par le nord, la seconde plus courte de 1,5 Miles et les deux comportant le même bord incontournable au près. Que croyez vous que j'ai choisi ? La mauvaise, pardi, celle par le nord, tout simplement parce que la route sous le vent est en fait déventée la moitié du temps. Je m'en veux de cette faute de débutant et le rouge me monte au front !
La malchance nous poursuivant, Florence loupe un gros poisson et n'attrape rien d'autre, bref, c'est la guigne, la justice immanente, la punition de Dieu pour avoir été trop heureux... Faribole. Nous parvenons malgré tous les obstacles à PSV avant la nuit, accostons pour l'apéro, et retournons à bord pour un plat de pâtes à la Sauce Aux Oursins (nous en avions conservé!)... et toujours le tout petit Graves.
Reste une question de fond, comment rentrer, je veux dire rentrer en une ou deux étapes : Une seule étape et c'est la navigation de nuit, avec sa poésie, sa fatiguer et son aspect « jamais fait », ou bien deux jours de mer consécutifs...

Pour la réponse, voyez les commentaires du prochain jour, noble lecteur.... à l'heure où j'écris je ne  la connais pas moi-même, nous sommes donc sur un pied d'égalité.

SALINE ISLAND 2


J10 Apothéose

La plus belle, la plus divine journée de notre voyage. Certes nous n'avons pas commis d'exploit ni accompli de prouesse ou encore réalisé de grandes choses, mais toute la journée n'a été qu'une suite de plaisirs, petits ou grands, de satisfactions des sens et de bonheurs partagés.
Petite baignade au point du jour, « à la fraiche » si l'on peut dire. Florence est allée sur la plage photographier le récif qui la borde, sous des couleurs splendides. A son retour je me suis jeté à l'eau pour vérifier ma théorie des courants locaux ; il y en a bien deux, inversés, qui justifient le mouillage de 2 ancres l'avant-veille.

Direction une autre plage, en annexe (le petit hors bord gonflable qui constitue notre voiture flottante) un peu plus éloignée pour tester le drone que j'ai emmené. L'engin, que je n'ai pas encore équipé de la caméra familiale, afin d'éviter que la noyade du premier entraine la perte de la seconde, est facile d'emploi, à partir d'un point fixe et l'on peut décrire de jolis et lointains virages. La récupération ne semble pas poser de problèmes... à terre. Voir comment tout cela se déroule à partir du bateau.


En route de retour vers le bateau, nous croisons un pêcheur qui nous vend sa langouste du jour, puis quelque repos avant un déjeuner simple mais délicat (foie gras) et une petite sieste.

Nouvelle plongée dans le récif. Florence retrouve l'un des deux gros poulpes qu'elle avait croisé ce matin. Nous rencontrons également les petits poissons malins qui avaient tant séduit Malvina, notre fille, lors de notre précédente croisière à Anégada (Iles Vierges)
La « plongée » n'ayons pas peur des mots, s'achève par une petite récolte d'oursins nécessaires à l'accompagnement de la langouste du diner.
Poisson favori de Malvina (BVI)
Nouvelle séance de drone, qui s'achève moins bien. L'engin, que j'avais réussi à poser sur le bateau une première fois de façon satisfaisante, subit une risée lors du second atterrissage et se bloque, sans dégâts apparents contre la barre. Difficile à manier, il devra faire l'objet d'une longue prise en main.
Bientôt 17H (la nuit tombe ici vers 18h et en moins d'1/4 heure il fait nuit noire) nous nous attelons à l’épluchage des oursins, la mise en place du BQ, avant une douche salvatrice qui dessale notre peau, toute notre peau car aujourd'hui, seuls dans cette baie, nous avons oublié les maillots.
L'apéro, bien entendu, pendant que le BQ rougeoie et avant que la langouste trépasse, nous permet de rédiger ce journal de bord. Puis c'est l'heure du diner ; le crustacé, fendu en deux comme un heaume, révèle une chair blanche, légèrement translucide. Aux fourneaux, je mixe la pulpe des oursins, et de généreuses doses de rhum, d'échalote et de crème fraiche, le tout tiédi 1 minute au micro-ondes. Le résultat dépasse toutes nos attentes La langouste est excellente de goût, comme de cuisson et cet accompagnement à base d'oursins explose en bouche: Un miracle gustatif !! (toujours sur fond du petit Graves, qui n'est plus vraiment à la hauteur du plat)
Recette de la Sauce Aux Oursins : une douzaine d'oursins, 50 cl de crème fraîche épaisse, échalotes, 1 verre de rhum.
Ainsi va la vie de forçat, à bord de cette galère.

SALINE ISLAND 1

9 Paradis...suite

Des potron minet nous sommes réveillés par une alarme du bateau : Rien de grave, mais ce n'est pas confortable. Outre le doublement du mouillage mis en place la veille au soir, j'ai également réglé une alarme sur le GPS pour nous alerter d'un mouvement excessif du bateau qui , au gré du vent, pendule autour de son ancrage. Trois fois au cours de la nuit la sonnerie diabolique résonne. A la première je bondis, éteins le buzzer, constate que tout va bien et retourne me coucher. A la seconde, je jette un œil par le hublot pour l'assurer que nous n'avons pas « décroché ». Florence qui est déjà sur le ponton stoppe l'alarme. Le troisième réveil vers 6h sera le dernier mais toujours pas le bon. Heureusement le bateau reste en position sûre.
Le petit matin est donc aussi gris dans nos têtes que dans le ciel, car nous essuyons un grain énergique, suivi d'un très bel arc en ciel.
Florence, qui avait imaginé une baignade matinale, doit renoncer pour cause de fatigue, conjointe d'une petite brulure de soleil à la lèvre inférieure, la même qui lui fera renoncer à une plongée bouteille un peu plus tard dans la journée. Notre corps nous trahit..
Puis nous prenons la mer en direction de Tyrell Bay, le port local : 3 bouts de courses et une connexion internet. Le tour est joué. Le retour dans « notre » ile s'effectue sous un joli bord de près ; l'alizé est rétablit et nous offre 15Nds d'est-sud-est. En revanche Florence est déçue de son nouveau rappala, trop gros, selon elle.
Arrivés à Saline Island nous allons chez le mareyeur commander 5 kilos d'oursins ; je m'explique :
De 50 à 150 mètres de la plage, le sol est jonché de centaines (quelques milliers n'est pas exagéré) d'oursins gris, à une profondeur variant de 0,5 à 2 mètres ; il suffit de se baisser pour les ramasser et en une demi heure, nous récoltons deux sacs pleins. Les piquants de l'oursin gris sont peu agressifs et l'animal parfaitement statique, bref c'est un jeu d'enfants.
A bord, il reste à les ouvrir en deux (la coque s'ouvre aisément au couteau), à vider la partie non comestible, d'un vert fécal facilement identifiable, rincer le reste à l'eau de mer, puis, à la petite cuillère, récolter la chère jaune qui ressemble à l'intérieur du crabe)

Dans une proportion de 4 oursins pour un œuf, l'omelette aux oursins que nous avons savouré à diner était un pur régal et d'un fumet spectaculaire. Mélangé avec du rhum, on doit aussi pouvoir en extraire également un sauce spectaculaire, d'ailleurs, demain soir, sur des pâtes..... je vais y songer.

Avant diner, nous avons pris un verre avec les occupants du seul autre bateau de la baie, un Léopard 39 (Moorings). Ce sont deux couples de marins expérimentés qui ont acquis ensemble ce bateau dans un programme de leasing. Recettes de cuisine et de navigation sont au cœur des discussions. La soirée s'achève. Dans les Grenadines, point de marée ou presque et seul le reflux du niveau de la bouteille de rhum marque le temps qui passe.


lundi 8 décembre 2014

LE PARADIS EST EN MER

J8 : Rédemption

La journée au départ des TC's démarre sous des augures incertaines : Nous n'avons certes que 12 miles à abattre pour gagner Cariaccou, mais le vent est nul de chez nul, entre 1 et 2 Nds et nous devons avancer au moteur ; grâce à Dieu tout malheur a son bon côté : qui dit moteur dit recharge des batteries et fonctionnement du dessalinisateur ; Nous arriverons à Saline Bay les soutes pleines d'ampères et d'eau. Je passe sur la pêche du jour tant nous sommes désormais familiers des exploits de Florence, qui remonte cette fois un Tazard, gentil animal qui fera notre diner ( et même un peu de l'apéro avec un filet mariné au citron) ;
malheureusement, la canne s'est à nouveau cassée et est désormais amputée du haut, ce qui prouve que nos pêches doivent beaucoup moins à la technique du matériel qu'à la science et l'intuition du lieutenant.

Arrivée sur Saline, un enchantement ; la petite baie est à l'identique des souvenirs de Florence qui est sur un petit nuage. Mer turquoise, moins de 2 mètres de fonds (merci Catana), bref lorsque nous descendons du bateau, nous avons pied !


Le déjeuner est remarquable d'originalité : jambon de Bayonne (du vrai) sur fond d'ile déserte. Après une courte sieste, nous partons explorer les récifs dont le souvenir est précis : Tout plein de petits poissons multicolores se nichent dans le petit fond rocheux qui bordent la plage. Avant d'y parvenir nous traversons notre diner de demain soir : Le sol est jonché d'oursins qui nous attendent pour une omelette mémorable. 

Retour au bateau car même dans une eau à 26° on finit par prendre froid, 
Puis séance de …. rien.                               Un peu de rien fait beaucoup de bien.

Mes lectures relatives au site ou nous avons mouillé sont toutefois un peu préoccupantes. On y parle de renverse du courant, de risque d'échouage et de la nécessité de jeter deux ancres. Alors que le Lieutenant est d'habitude l'élément le plus prudent de l'équipage, je peine un peu à la convaincre de manutentionner la seconde ancre sur l'arrière, puis de chainer 5 mètres et d'assurer le tout par un bout monté sur un winch arrière.

La technique une fois assurée, il nous reste à profiter du calme infini de la soirée. Nous constatons que la lune, pleine hier est aujourd'hui invisible et deux hypothèses d'égale probabilité s'offrent à nous pour expliquer ce mystère :
  • Soit une couverture nuageuse impromptue cache l'astre mort
  • Soit la lune s'est inscrite à la CGT et a entamé instantanément un processus de débrayage sans préavis
La seconde option est clairement (surtout par nuit noire) la plus vraisemblable

Le Tazard, poisson dont le taux de syndicalisation est notoirement moindre que celui des satellites, a été convoqué sur son lieu de cuisson, s'y est présenté sans retard ni regret ; il cuit actuellement sur le BQ, fier de son destin : il nourrit l'équipage affamé et fier de sa journée.

DEUX JOURS DE PURGATOIRE

J6 Journée de purgatoire

N'abusons pas, rien de grave dans le déroulement de cette journée mais elle a effectivement un goût plus fade que les précédentes
Nous sommes partis à Clifton, le port de l'ile de Union, pour y effectuer un peu d'intendance : poubelles, recharger le stock de bières, trouver des rapalas, … et une connexion Wifi permettant de mettre en ligne ce journal, mais une coupure de courant nous a privé de tout moyen de communication..
Bonne nouvelle en revanche, nous avons trouvé un centre de plongée qui nous accueille demain matin... affaire à suivre...
Nous rentrons à notre mouillage mais les prévisions météo que nous avons prises au port se confirment : le vent tombe inexorablement : calme plat prévu pour 36H
A bord, à chacun ses plaisirs et ses responsabilités : Florence a la lourde tâche d'adapter la recette des empanadas au milieu marin : elle remplace la pâte feuilleté par des lasagnes et nous offre un diner somptueux. Pour ma part j'échoue à connecter une clef 3G et demeure en panne de réseau. Devant la faillite de mes capacités intellectuelles, je décide qu'une reconversion sportive est la seule issue : Un aller-retour à la plage en nageant m' ôte heureusement mes illusions : je suis essoufflé après 100m de crawl !
Au lit avec les poules

J7 purgatoire bis
Eh oui quand le vent n'est pas là, rien ne va
De bon matin nous avons prévu une plongée bouteille avec un club de plongée. Le bateau vient nous chercher vers 9H30 et nous embarquons pour deux plongées de 45 minutes. Nous avions prévenu hier, lors de la réservation, que nous étions des quasi débutants, que j'étais un peu lent à la descente (oui je sais, l'expression venant de moi est à peine crédible). Toujours est-il que nous avons besoin de « soins » particuliers. De fait, à peine à l'eau, chacun est livré à soi-même et patauge dans ses ennuis : Florence éprouve des difficultés avec son respirateur, pour ma part, j'ai du mal à décompresser mon oreille droite et pendant ce temps, notre monitrice est partie plonger avec les trois autres membres de notre groupe, sans plus se soucier de nous.
Florence et moi refaisons surface au terme de quelques minutes et reprenons pied sur le bateau, assez mécontents chacun. Pour finir, un autre plongeur, « largué » par les autres réapparait également rapidement et nous nous retrouvons à attendre la fin de la plongée. Lorsque celle-ci prend fin et que la monitrice regagne le bateau, je lui fait part de mon mécontentement et de mon refus de plonger une seconde fois. Elle est confuse, au sens propre comme figuré et nous ramène illico presto à notre propre bord. Fin de la plongée pour le moment, nous tenterons de retrouver un autre club de plongée à Cariaccou.
Cet après midi est mécanique : l'examen des jauges du bateau m'indique que nous manquons d'électricité et d'eau douce.
  • Pour l’électricité, la solution est simple, je fais tourner les moteurs et les batteries se rechargent en quelques heures.
  • Pour l'eau, il faut mettre en route le dessalinisateur, objet fascinant qui transforme l'eau salée de la mer en eau douce, grâce à la magie de l'osmose inverse. Mais son réglage est délicat : la pression interne, les vannes d'alimentation sont autant de sujets à réglages. Finalement, nous finissons par trouver la solution et les réservoirs reprennent vie. Le bateau c'est aussi (c'est même beaucoup) de la mécanique

Ce soir diner à terre sur la plage : Langouste, locale évidemment et notre petit Graves. Un régal de fraicheur et de goût.


Avant diner nous avions rencontré un bateau ou plutôt son capitaine pas tout jeune au demeurant, mais soucieux du bruit de nos moteurs. Je l'ai rassuré en lui promettant de tout couper sur le champ et, pour nous faire pardonner, nous l'avons invité à une petite « Graves- party » vers 20H. Je rédige ce journal en l'attendant. Soyons un peu snob ; comme nous disposons de plus de place sur notre catamaran qu'il n'en dispose sur son monocoque, nous sommes la puissance invitante ; je suis fier de recevoir à bord !
Papy- Mamy sont un couple de retraités de l'enseignement qui naviguent, pas toujours ensemble, si nous avons bien compris, lui depuis 20 ans et elle depuis 10. Nous papotons une bonne heure, avant qu'ils regagnent leur bord.


AU COEUR GRENADINES 2

5 Arrivée au Paradis

Aujourd'hui, nous pointons l'étrave vers les Tobago Cays le but géographique principal de notre voyage. La démocratie régnant en maître à bord, je consulte Florence sur notre trajet et nous convenons d'une halte au sud de Mayreau pour décharger les poubelles (et oui, l'intendance demeure) et trouver une connexion WIFI. Nous faisons malheureusement chou blanc, le bistro où nous nous sommes posés et qui annonce fièrement du réseau est aussi peu connecté que sa serveuse est aimable. Nous quittons les lieux, un peu frustrés, pourtant que la baie de Salines est belle !


Retour à bord et cap sur Petit Rameau, l'une des quatre îles qui forme l'archipel où nous allons rester quelques jours.
… l'Evangile selon St Jacques : « en mécanique, si quelque chose force, ce n'est pas normal »
… Application en mer : « si l'écoute du génois force, avant de wincher comme une brute, se demander si la bosse de l'enrouleur n'est pas coincée »... Cet adage rappelé maintes fois par Florence (apparemment un héritage familial) se révèle effectivement exact : un nœud s'est créé au niveau du taquet de l'enrouleur ! Sur un bateau, il y a toujours une des 40 « ficelles » prête à bloquer le bon fonctionnement d'une autre...
En route nouvel accident de pêche : Un « gros poisson » s'entiche de notre avant-dernier rapala (le leurre que l'on utilise pour faire croire à cet abruti de poisson que le déjeuner est servi) et fait ployer la ligne, au point que Florence peine à effectuer quelques tours de moulinet. Comme tout cela survient à quelques centaines de mètres de notre mouillage et que nous naviguons en hauts-fonds, je crois même un instant que mon lieutenant-pêcheur exagère un peu sa prise. Il n'en est rien, le brutal parvient à casser la ligne et s'enfuit avec notre hameçon. Je dois humblement avouer que ma technique des nœuds (ceux qui raccordent le fil de la canne à pêche à la ligne d'hameçon) mérite d'être remise en cause. En tout cas, il est urgent de trouver à Union, l'ile voisine, un marchand de matériel de pêche.
Mouillage de rêve entre Petit Bateau et Petit Rameau, après avoir croisé le sistership de notre bateau.

Nous sommes amarrés entre deux îles, protégés du vent et de la houle, en paix. Petit en-cas, petite sieste puis sur la requête impérieuse de Florence, direction l'Ile aux Tortues. Plus prosaïquement dénommée « Barradal » sur les cartes, la côte sous le vent de cette ile recèle de nombreuses tortues, de mer évidemment, qui nagent sur un fond sableux. Nous croisons également une splendide raie (famille des requins) et son poisson pilote. Au total, plus d'une heure de natation dans une mer à 26°, offrant un magnifique spectacle aquatique.

Le jour s'engloutit dans la mer. Les BQ rougissent, à bord comme à terre. Florence vient d'embaumer le bateau avec des oignons destinés à des empanadas et la Pinacolada du soir est particulièrement savoureuse.


vendredi 5 décembre 2014

AU COEUR DES GRENADINES 1



J3 Entrée aux Grenadines

L'entrée au Grenadines, ce sont d'abord des formalités, assez rapidement accomplies, il faut l'admettre, à Bequia, dont l'escale a pour objet douanes et immigration. Nous profitons de ce dernier arrêt pour un complément d'avitaillement allant de l'anti moustique au jus d'ananas, avant de reprendre la mer vers Mustique, l'Ile des Stars (depuis que la Princesse Margaret, la sœur de l'actuelle Reine d'Angleterre, s'est fait construire une superbe villa et que Mick Jagger lui a emboité le pas)

Traversée courte, au cours de laquelle un nouveau barracuda s'est jeté sur la ligne ; un peu plus gros que son prédécesseur, il est aussi peu combatif à l'hameçon, mais d'une vivacité surprenante hors de l'eau.


L'approche de Mustique est limpide mais le mouillage à la bouée, ma chère, ma très chère bouée (65USD) réveille les anciennes inquiétudes de Florence. L'arrivée sur bouée est simple mais le lieutenant est déconcertée par une large manille qui l'empêche de s'emparer de l'objet convoité. C'est l'échec ! Je suggère alors d'attraper le corps-mort non pas du bastingage mais à partir de la jupe arrière ; le bout doit alors être suffisamment long pour courir le long de la coque, et amarré à l'avant comme à l'arrière. Hélas, trois fois hélas, le p... de b.... de bout plonge à l'eau et vient évidemment (loi de l'emmerdement maximum) s'enrouler autour de l'hélice tribord. Arrêt moteur instantané et débat au sein de l'équipage car nous avons désormais deux priorités à gérer : immobiliser le bateau et réparer la panne.
Nous choisissons de refaire une approche de la bouée, bien que l'exercice soit rendu plus difficile par la moindre manoeuvrabilité : la poussée latérale du moteur bâbord tend à le faire tourner vers tribord ; le vent et le courant viennent de bâbord et vont nous aider à approcher la bouée dans une superbe manœuvre par l'arrière. Florence se saisit finalement de la bouée, la ramène à l'avant et la bloque provisoirement : nous sommes au mouillage.
Coucher de soleil devant Mustique
Reste le bout enroulé autour de l'hélice. Je plonge (au fait c'est mon premier bain et l'eau est divinement chaude, au moins 26°) et constate que l'enchevêtrement est très modéré. De fait l'hélice est libérée moins de 5 minutes plus tard et l'incident devient une banalité qui vaut tout juste d'être racontée.
Nous avons décidé d'une petite séance de plongée vers le sud ou parait-il un récif comporte de nombreux poissons. L'approche est pénible en raison de rochers affleurant mais le spot s'avère sinon grandiose du moins joli. C'est une bonne remise en palme.
Après avoir jouit d'un coucher de soleil somptueux et très changeant, nous finissons la journée au Basil's Bar dont la Pinacolada est toujours excellente et la qualité du wifi encore meilleure (pour blogguer, il faut se connecter). Retour au bateau pour déguster notre barracuda du jour et le petit Grave qui va avec.



J4 Journée « Cartes Postales »

Après les joies de la pêche (il faut dire que nous avons successivement cassé un ligne par la faute d'un très gros poisson que nous n'avons jamais vu et loupé quelques baraccudas) aujourd'hui c'est cartes postales ! Certes pas les vieux cartons qu'on envoie toujours trop tard et qui arrivent après nous. Pas du tout, c'est cartes postales en direct de deux endroits magiques
Le premier, que nous ne connaissions pas est la côte ouest (la côte au vent) de Canouan, protégée par un récif de haut fonds qui interdit tout approche directe. Quand j'avais identifié cet endroit suffisamment peu connu pour qu'aucun de nos deux charters précédents ne s'y soient arrêtés, les rares photos me paraissaient sublimes. Restait bien sûr à aborder les lieux. Je montre innocemment à Florence une belle image, lui précise que point GPS par point GPS, j'ai identifié le chenal permettant d'y accéder, je lui ai même montré une vue Google Earth ou l'on voit un catamaran empruntant l'étroit couloir d'eau pour remonter jusqu'à « the Pool » la piscine. Petit détail, sa mission consistera, les yeux rivés au GPS placé dans le cockpit, à m'annoncer, haut et clair, les relèvements et les distances de point en point. Lorsqu'elle distingue les affleurements qui interdisent 
l'accès et les méandres (n'exagérons point, les trois virages) qu'il faut négocier, elle mesure que notre vie est entre ses mains.
Et nous voilà engagés dans une succession de points, de virages, tous aussi stratégiques les uns que les autres. Florence comme moi sommes attentifs et sérieux mais finissons par être récompensés : au terme de cette navigation, nous sommes vraiment au centre de la carte postale : l'eau est turquoise, les abords plus océaniques, nous sommes seuls au milieu d'une eau limpide... d'autant plus limpide que pas un poisson n'y pisse. En plongeant, nous constatons en effet que l'endroit est beau, écologique, protégé (c'est une réserve) mais vide de poissons et de vie.
L'être humain est grégaire ; moins d'une heure après notre arrivée, un catamaran nous rejoint signe que le paradis n'est pas solitaire, alors pourtant que « l'enfer c'est les autres ». Nous quittons par le même chemin, notre « pool » et prenons la direction de Mayreau, première escale des Tobago Cays (TC's désormais, c'est plus facile à taper sur l'ordinateur)

Au passage nous tirons un bord de pur vent arrière, voiles en ciseau. Je n'avais jusqu'à présent navigué sous cette allure Ô combien esthétique mais instable, autrement qu'en dériveur, il y a plus de trente ans. Pur plaisir de la voile bien établie et du bateau bien mené...

Mayreau, nous connaissons mieux : notre halte se trouve à Salt Whisle Bay (la baie du sifflet de sel)
Au vu des photos on comprend rapidement l'originalité du lieu : Une bande de terre de 5 mètres de large sépare la mer des Caraïbes de l'océan Atlantique et les deux rives n'ont pas la même allure : Coté ouest une plage de sable blanc, en pente douce, de l'autre une cote rocheuse et algueuse... La baie est superbe, une dizaine de bateaux y stationnent, la seconde carte postale de la journée


Au menu du soir une langouste, achetée bien vivante à un boat-boy, que nous allons griller au BQ, mais auparavant nous sommes invités par des amis hollandais, rencontrés au Marin, la veille de l'arrivée de Florence, à une « rhum-party » sur la plage. Malheureusement, nous n'avons pas dû nous comprendre puisque, lorsque nous arrivons au rendez-vous, à l'heure dite, nos hôtes sont à table. Nous retournons donc à bord, un peu piteux, un peu seulement car notre crustacé nous attend. La mise à mort de la bête est un peu difficile car le petit couteau pointu qui sert à découper l'animal en deux n'est ni pointu, ni bien costaud.

Tout est bien qui finit bien au BQ ! Cette langouste se révèle succulente, accompagnée d'une sauce mixant rhum, crème fraiche et jus de queue. Encore une journée de bagne qui s'achève !



mardi 2 décembre 2014

ROUTE AU SUD 2

J2 Grande Navigation : Sainte Lucie Bequia

Au programme du jour, descente au sud, 65 miles de mer (110km) à faire de jour, d'où un départ avant 7H pour une arrivée programmée au plus tard à 17H ; la nuit tombe vite sous les tropiques. Pour ceux qui seraient intrigués par ce timing maritime qui témoigne d'une fière moyenne de 6,5Nds, je rappelle un principe bien connu des voileux. La voile est le moyen le plus couteux, le plus lent et le plus inconfortable de se rendre d'un port à un autre. Mais quand vous aurez lu nos aventures du jour vous comprendrez mieux

Nous quittons donc Marigot Bay au petit jour, un maigre café dans le ventre, il faut faire vite. Enfin « vite » c'est vite dit : La côte nous dévente et la première heure s'accomplit au moteur, à petite, sonore et piteuse allure ; pourtant, nous sommes toutes voiles dehors, Genaker établi. Mais, au fur et à mesure que nous nous éloignons de l'île, le vent s'établit, forcit et nous voilà rapidement avec force 5 et un bateau qui file désormais à 8Nds, nous ferons plusieurs pointes au delà de 10 atteindrons une fois 11nds : je suis fier comme Artaban. Cet été, aux Iles Vierges, nous n'avions jamais navigué avec cette qualité de vent et je découvre un plaisir nouveau. 

Florence, qui paraissait moins touchée par la grâce de la vitesse, vient d'attraper la canne à pêche et ses exploits méritent d'être comptés par le menu :
  • Elle a tout d'abord entamé un sérieux conflit avec le moulinet, la manivelle et le frein, le premier refusant de bobiner, la seconde tournant dans le vide et le troisième ayant choisi de se désolidariser des deux premiers : démontage sévère et ô miracle, tout remarche à merveille.
  • Le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent est notoirement poissonneux et Florence pleine d'allant ; elle s'attend à trois touches dans la journée (une seule serait un exploit vu la vitesse à laquelle nous naviguons...). Premier « ziiiip » du moulinet. Nous naviguons à près de 10 Nds et l'Animal a du mal à suivre la cadence, Florence moulinant avec un entrain remarquable... tellement remarquable que la canne casse net au niveau de la poignée : Immense désarroi et jurons du pêcheur... Il faut reconnaître que n'ayant jamais pêché, et de plus avec une canne à présent raccourcie de 30 bons cm, les 3 poissons doivent bien rire ! Les touches suivantes seront plus « végétariennes ». A chaque champ d'algues que nous traversons, le moulinet s'emballe et Florence attrape des... sushis, comprendre des petites, des moyennes, voire des grosses algues. Le pêcheur jure derechef !
  • Enfin se rejoignent la récompense de la persévérance et l'apothéose du pêcheur. Tout commence par une petite touche, presque infime certainement médiocre, à peine sensible en tout cas. Mais l'instinct tout neuf du pêcheur s'est éveillé en Florence qui mouline, mouline, mouline, avant de s'écrier :
    «  Il y a un poisson »
    La plus belle preuve d'amour que je puisse lui donner est de la croire et de fait il y a bien un poisson, un Barracuda de 50cm, poison connu pour sa mollesse à la capture, et son goût agréable à l'assiette. La bête est ramenée sans encombre, succombe sans effort d'un coup de rhum dans les ouïes (la première fois nous nous sommes trompés et avons versé du sucre de canne sans aucun effet). Vidé sur le champ, il est évidemment au menu de ce soir.
Dernière aventure du jour, la rencontre avec des Dauphins :
Par le travers de Saint Vincent, l'ile nous a déventés et je peste en guettant le moutons sur la mer, signal du retour du précieux vent. Deux cents mètres en avant de l'étrave, soudain de nombreux «  moutons » surgissent ensemble. Ce n'est pas de l'écume mais un banc d'une vingtaine de dauphins qui sautent à notre rencontre. Le spectacle est précieux et bref car ils avancent en sens contraire au nôtre et jouent seulement quelques instants sur notre avant, puis reprennent leur route. Une vision fugace et magnifique, immortalisée en vidéo.




L'arrivée à Bequia est ponctuelle, simple et efficace. Florence a mouillé l'ancre avec élégance et efficacité. Nous sommes cuits de soleil. Le barracuda cuit lui aussi, mais au BQ, est succulent, moelleux à souhait. Un petit Graves 2008 complète notre bonheur. Nous sommes prêts pour une longue nuit de repos.
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ROUTE AU SUD 1

J-0 Retrouvailles !

La matinée est plus orientée « farniente », enfin pour moi car tout autour c'est l'ambiance ruche qui prédomine : Rentrée des bateaux, débarquement/embarquement des touristes, avitaillement, bref le ponton ressemble au périph' un lundi matin.
A propos de touristes, puisque la plupart viennent faire du bateau en charter, c'est dire que, comme nous le faisions nous-mêmes jadis, ils louent une cabine sur un gros catamaran skippé par un professionnel. La nomenclature du marin à la semaine est assez drôle à établir :
  • Le client triste traine son lourd sac avec une mine désabusée qui en dit long sur sa fatigue (lorsqu'il arrive à bord) ou sa résignation (lorsqu'il repart)
  • Le client inquiet de tout scrute les mats, les coques, se soucie du manque de place, de toutes ces ficelles qui trainent sur pont et du risque de chute, du temps qu'il fait et de celui qu'il va rencontrer
  • le sportif arrive à bord en débardeur et contemple les winches avec mépris, se voyant border les voiles à mains nues, rêve d'un crawl dans la baie du marin (mais voyant tout le ponton pisser dans la même eau il s'interroge quand même)


  • le boucanier se présente à bord avec barbe et odeurs, se jette avidement sur le circuit complexe des bosses de ris, commente à l'envie son dernier empannage et rêve de rafales de vent et de gîte infernales


La litanie peut se poursuivre longtemps, entre la bande de potes, le petit couple amoureux ,la mamie ronchon, le célib érectile la vielle fille sportive, l'hypocondriaque et le chauffeur poids lourds : Tout le monde est curieux de la mer, a envie de voyager sous un angle neuf.






Midi, petite sieste, suivie des formalités de douane, la fameuse « clearance » et il est temps de prendre la route pour l'aéroport. La Belle doit arriver vers 17h. Et de fait elle arrive bien à 17H.


Retour sans délai au Marin, embarquement, Florence découvre le bateau, qu'elle déclare instantanément « peu rangeable » un propos de fille....


Entre temps, j'ai eu nos amis Gérard et Myriam au téléphone : ils carènent, comprendre leur bateau est sorti de l'eau pour refaire la peinture sous-marine. Nous dinons ensemble et chacun raconte ses périples de l'année. Florence ploie tout doucement sous l'action combinée du décalage horaire et du rhum, c'est l'heure du coucher.






J1 Départ !!!!




















Nous y voilà. Levée tôt pour cause de jetlag ou de ronflements (allez trier le vrai du faux) Florence a décidé de consacrer son lever à une séance de rangement sans place ; c'est dire que je partage rapidement son plaisir d'être réveillé....

Nous bouclons les dernières corvées puis direction le supermarché pour un complément de courses rendu nécessaire par l'absence de congélateur sur le bateau. De retour à la marina nous sommes définitivement prêts à partir.

Les amarres sont larguées avec une aisance incomparable (normal je ne suis pas à la manœuvre, c'est le personnel de DYC qui s'en charge) et nous prenons le chenal qui nous mène au large selon une règle bien connue : bouée verte à gauche et bouée rouge à droite. C'est binaire, facile comprendre, niveau … bac-10. Allez savoir pourquoi, tout en restant attentif je finit par me retrouver à gauche d'une bouée rouge donc tout le contraire. La sanction tombe presque instantanément, j'échoue le bateau sur un fond sableux. En apparence, pas de casse car j'avançais à toute petite vitesse et j'ai même battu arrière avant l'arrêt ; toujours est-il que ce n'est guère glorieux ! J'ai le rouge au front au point que j'en oublie de vous parler d'un formidable transporteur de yacht que nous avons croisé en baie du Marin. Un engin prodigieux qui convoie des yachts.
























Avec de l'eau sous la quille notre navigation vers Sainte Lucie prend un tour moins épique que notre sortie : Le bateau est bientôt sous voile et nous voguons à bonne allure : 15 nds de grand largue et une vitesse moyenne pour la journée qui avoisine les 7nds




















Pendant la traversée, Florence attaque la pêche et c'est mémorable : Les nœuds issus d'un mauvais enroulage initial (peut être ma faute je le confesse) sont dénoués d'un coup de ciseau, le moulinet se bloque alors que nous avions une touche et le poisson se décroche. Le comble est atteint lorsqu'une mouette s'empare du rapala (le leurre) et casse la ligne. Mon adjointe pécheur est furieuse et maudit le volatile destructeur.










Finalement Marigot Bay est en vue et son petit chenal, presque invisible de la mer. L'oeil rivé sur les bouées je gouverne le bateau jusqu'au mouillage dont florence s'acquitte avec son talent habituel (elle a juste à lancer la patte d'oie à un local qui nous amarre sans coup férir. Il est 17H, l'apéro et la nuit nous attendent au fond d'une baie charmante bordée d'une palmeraie. Le diner est paresseux, à terre dans un bar qui fleure bon l'anglo-saxon. Alors que coté cuisine, nous nous attendons au pire, nous goutons au meilleur : Un mahi-mahi (poisson des iles) délicieux, grillé de façon succulente, moelleux et copieux, un régal dont le souvenir se doit de figurer sur nos tablettes.












samedi 29 novembre 2014

Embarquement

J-3 Arrivée à Bord

Le jour du départ n'était pas peu attendu !
Comme souvent, c'est au denier moment que j'ai rempli ma valise, enfin si l'on peut dire rempli tant celle-ci est déjà pleine du matériel de plongée et désormais de pêche. S'ajoute à ce premier sac une valisette qui contient et protège le fameux drone que j'ai acheté la semaine passée, pour tenter de réaliser des images du bateau.
L'enregistrement électronique sur mon vol Paris – Fort de France me permet d'éviter une longue file d'attente et je parviens sans encombre au comptoir pour déposer mes bagages. Sans surprise, le préposé constate un excédent, me remet mes 2 tickets de valise et m'invite à aller régler la majoration, 100 Euros, au guichet de vente, lequel est bondé. Je décide de tenter d'oublier la surtaxe, après tout, mes valises sont désormais dans l'avion et j'ai ma carte d'accès à bord. Après des formalités rapides et quelques achats au « Duty free » j'aborde la zone d'embarquement, le cœur léger. C'est méconnaitre les vertus de l'informatique : Lorsque l’hôtesse contrôle mon billet, son écran se met à sonner comme un beffroi lillois et je me retrouve mis à l'écart :
« Cher monsieur », m'aborde une jeune femme galonnée de la compagnie aérienne,
« Vous n'avez pas réglé votre complément de bagages »
Je prend l'air interloqué, mais néanmoins confus
« C'est tout à fait exact chère madame, après l'enregistrement, j'ai reçu un coup de fil, puis j'ai totalement oublié d'aller au comptoir de vente je suis désolé, que puis-je faire »
En secret j'espère que ma franchise et mon désarroi feint vont inspirer l'indulgence et que l'urgence de l'embarquement fera le reste
Hélas la manche galonnée plonge sous le comptoir et en ramène une machine à carte de paiement. Je suis fait... bel et bien fait. J'abandonne piteusement mes 100€ et me dirige vers l'avion... Perdu.
Le vol quoiqu émaillé de pleurs d'enfants et d'une crise d'hystérie, se déroule sans histoire ; 4 heures de sieste facilitent bien la tâche et je débarque sans histoire en Martinique à 17H (22H à Paris) et gagne le Marin, en dépit d'une circulation qui, de voyages en voyages, me parait chaque année plus hallucinante sur cette ile.

Vue du bord de Janus
Le bateau, éclairé et ouvert, m'attends sagement au ponton. Quoique la nuit soit déjà tombée, il me paraît dans un excellent état de propreté mais je repousse à demain une inspection détaillée, me contentant de savourer le plaisir d'être à bord et la promesse de nos navigations à venir.
Douche puis diner à la marina ; je regagne le bord et tente de repousser un peu l'heure du coucher pour éviter un réveil trop précoce le lendemain. Mais une averse me cloue à l'intérieur : Il est temps de rendre les armes.


J-2

Journée de travail, passé avec le chef d'agence de la filiale que mon employeur détient en Martinique.

J'ai regagné mon bord vers 17H et suis passé chez DYC, le loueur du bateau, pour les papiers d'embarquement ; Claire, la secrétaire, aussi efficace que charmante, a expédié les formalités à grande allure. Rendez-vous est pris demain, pour la prise en main avec le chef de base, puis vient l'heure de l'avitaillement (faire les courses en langage terrien) que je limite aux seuls liquides pour ce premier tour : Vin, rhum et bière, nous avons de quoi prendre une cuite par jour, mais je garantis qu'avant de les boire, ces bouteilles je les ai suées : La manutention par 28° d'n coffre entier de bouteilles jusqu'au bateau m'a valu de perdre un litre d'eau. Demain, j'y retourne pour l'alimentaire et l'intendance du bord mais pour l'heure c'est la douche, je n'en peu plus !


J-1 Toujours à quai

Au terme d'une dernière matinée de travail je regagne Le Marin ; les plaisirs commenceront vraiment lorsque Florence m'aura rejoint, demain, mais l'heure est déjà aux vacances. Je boucle quelques détails d'intendance avec un second passage au supermarché pour alimenter les réserves alimentaires (quelle corvée) et la séance de prise en main du bateau, raccourcie à l'extrême pour cause d'hyperactivité sur le ponton :
Janus vu du quai au petit matin
Ici la saison vient de débuter, avec la fin de la saison cyclonique.Elle avait sans doute commencé petitement, à en juger par la publicité reçue de DYC notre loueur qui proposait des ristournes jusqu'à Noël. Visiblement les clients ont été séduits, puisque ce ne sont pas moins de 16 bateaux qui , ce WE, quittent la marina. C'est pourquoi l'agitation est à son comble : Un ballet incessant s'organise autour des bateaux à quai, afin de nettoyer les bateaux à grand jet, pourvoir aux besoins en literie, procéder en express, aux petites réparations qui s'imposent ; le quai est jonché de boites à outils et des jurons des mécanos de DYC : ici une p... de rondelle vient de glisser à l'eau (la destinée de tout objet utile qu'on vient de poser au sol, là une saloperie de vis rouillée ne veut plus se débloquer (et oui, en mer l'inox rouille...) Sur mon bâbord, un sistership fait l'objet de tous les soins : sa rotule de safran, bloquée, immobilise complètement la barre et mobilise l'attention du chef de base, décidément soucieux de manquer de bateau. A cette frénésie s'ajoute les premiers embarquements de touristes.
Le soleil s'engloutit dans l'océan, les cockpits s'illuminent et le temps de l'apéro supplante celui des mécanos, les rires remplacent les cris. Je fais la connaissance d'un couple de hollandais, nous discutons … bateaux évidemment; la bouteille de rhum subit l'assaut, malgré de multiples reculades résiste vaillamment, refusant de succomber à la première bataille qu'elle livre. Quoique sérieusement diminuée, elle conserve sa position, prête à livrer demain un nouveau combat.
Ma Belle arrive demain, la vie commence !

dimanche 9 novembre 2014

Avant de monter à bord.....




Bienvenue sur JANUS, Catamaran en croisière,  du 28 novembre au 14 décembre 2014, dans les Grenadines.

JANUS
Dieu des portes et symbole de la dualité de l'homme


Chaque jour, quelques nouvelles de notre navigation, des photos du Paradis et peut-être des vidéos de rêve. Pour commencer, je vous propose un avant goût de croisière, avec une superbe photo de notre navire, un Catana 42:


CATANA 42 Catamaran de croisière



Voila le parcours que nous projetons:
- Départ de Martinique, port du Marin, en direction de Sainte Lucie, à Marigot Bay
- Marigot Bay - Bequia, en contournant Saint Vincent
- Un petit tour à Mustic, l'ile des stars et une halte au Basil bar (et ses fameuses Pinacoladas)
- Canouan et sa piscine en mer et peut-être une plongée bouteille
- Plusieurs jours de farniente à Petit Rameau avec plongée dans le horse shoe reef
- un petit tour à Clifton pour une seconde plongée bouteille
- et pour finir nous descendrons jusqu'à Carriacou .... ou pas

Bien entendu tout cela peu changer, au gré des humeurs et du vent, des envies ou des désirs, de la pêche à bord...


Allez, souhaitez nous bon vent et venez lire nos récits au fil de l'eau
Prochain rendez vous pour l'embarquement