vendredi 5 décembre 2014

AU COEUR DES GRENADINES 1



J3 Entrée aux Grenadines

L'entrée au Grenadines, ce sont d'abord des formalités, assez rapidement accomplies, il faut l'admettre, à Bequia, dont l'escale a pour objet douanes et immigration. Nous profitons de ce dernier arrêt pour un complément d'avitaillement allant de l'anti moustique au jus d'ananas, avant de reprendre la mer vers Mustique, l'Ile des Stars (depuis que la Princesse Margaret, la sœur de l'actuelle Reine d'Angleterre, s'est fait construire une superbe villa et que Mick Jagger lui a emboité le pas)

Traversée courte, au cours de laquelle un nouveau barracuda s'est jeté sur la ligne ; un peu plus gros que son prédécesseur, il est aussi peu combatif à l'hameçon, mais d'une vivacité surprenante hors de l'eau.


L'approche de Mustique est limpide mais le mouillage à la bouée, ma chère, ma très chère bouée (65USD) réveille les anciennes inquiétudes de Florence. L'arrivée sur bouée est simple mais le lieutenant est déconcertée par une large manille qui l'empêche de s'emparer de l'objet convoité. C'est l'échec ! Je suggère alors d'attraper le corps-mort non pas du bastingage mais à partir de la jupe arrière ; le bout doit alors être suffisamment long pour courir le long de la coque, et amarré à l'avant comme à l'arrière. Hélas, trois fois hélas, le p... de b.... de bout plonge à l'eau et vient évidemment (loi de l'emmerdement maximum) s'enrouler autour de l'hélice tribord. Arrêt moteur instantané et débat au sein de l'équipage car nous avons désormais deux priorités à gérer : immobiliser le bateau et réparer la panne.
Nous choisissons de refaire une approche de la bouée, bien que l'exercice soit rendu plus difficile par la moindre manoeuvrabilité : la poussée latérale du moteur bâbord tend à le faire tourner vers tribord ; le vent et le courant viennent de bâbord et vont nous aider à approcher la bouée dans une superbe manœuvre par l'arrière. Florence se saisit finalement de la bouée, la ramène à l'avant et la bloque provisoirement : nous sommes au mouillage.
Coucher de soleil devant Mustique
Reste le bout enroulé autour de l'hélice. Je plonge (au fait c'est mon premier bain et l'eau est divinement chaude, au moins 26°) et constate que l'enchevêtrement est très modéré. De fait l'hélice est libérée moins de 5 minutes plus tard et l'incident devient une banalité qui vaut tout juste d'être racontée.
Nous avons décidé d'une petite séance de plongée vers le sud ou parait-il un récif comporte de nombreux poissons. L'approche est pénible en raison de rochers affleurant mais le spot s'avère sinon grandiose du moins joli. C'est une bonne remise en palme.
Après avoir jouit d'un coucher de soleil somptueux et très changeant, nous finissons la journée au Basil's Bar dont la Pinacolada est toujours excellente et la qualité du wifi encore meilleure (pour blogguer, il faut se connecter). Retour au bateau pour déguster notre barracuda du jour et le petit Grave qui va avec.



J4 Journée « Cartes Postales »

Après les joies de la pêche (il faut dire que nous avons successivement cassé un ligne par la faute d'un très gros poisson que nous n'avons jamais vu et loupé quelques baraccudas) aujourd'hui c'est cartes postales ! Certes pas les vieux cartons qu'on envoie toujours trop tard et qui arrivent après nous. Pas du tout, c'est cartes postales en direct de deux endroits magiques
Le premier, que nous ne connaissions pas est la côte ouest (la côte au vent) de Canouan, protégée par un récif de haut fonds qui interdit tout approche directe. Quand j'avais identifié cet endroit suffisamment peu connu pour qu'aucun de nos deux charters précédents ne s'y soient arrêtés, les rares photos me paraissaient sublimes. Restait bien sûr à aborder les lieux. Je montre innocemment à Florence une belle image, lui précise que point GPS par point GPS, j'ai identifié le chenal permettant d'y accéder, je lui ai même montré une vue Google Earth ou l'on voit un catamaran empruntant l'étroit couloir d'eau pour remonter jusqu'à « the Pool » la piscine. Petit détail, sa mission consistera, les yeux rivés au GPS placé dans le cockpit, à m'annoncer, haut et clair, les relèvements et les distances de point en point. Lorsqu'elle distingue les affleurements qui interdisent 
l'accès et les méandres (n'exagérons point, les trois virages) qu'il faut négocier, elle mesure que notre vie est entre ses mains.
Et nous voilà engagés dans une succession de points, de virages, tous aussi stratégiques les uns que les autres. Florence comme moi sommes attentifs et sérieux mais finissons par être récompensés : au terme de cette navigation, nous sommes vraiment au centre de la carte postale : l'eau est turquoise, les abords plus océaniques, nous sommes seuls au milieu d'une eau limpide... d'autant plus limpide que pas un poisson n'y pisse. En plongeant, nous constatons en effet que l'endroit est beau, écologique, protégé (c'est une réserve) mais vide de poissons et de vie.
L'être humain est grégaire ; moins d'une heure après notre arrivée, un catamaran nous rejoint signe que le paradis n'est pas solitaire, alors pourtant que « l'enfer c'est les autres ». Nous quittons par le même chemin, notre « pool » et prenons la direction de Mayreau, première escale des Tobago Cays (TC's désormais, c'est plus facile à taper sur l'ordinateur)

Au passage nous tirons un bord de pur vent arrière, voiles en ciseau. Je n'avais jusqu'à présent navigué sous cette allure Ô combien esthétique mais instable, autrement qu'en dériveur, il y a plus de trente ans. Pur plaisir de la voile bien établie et du bateau bien mené...

Mayreau, nous connaissons mieux : notre halte se trouve à Salt Whisle Bay (la baie du sifflet de sel)
Au vu des photos on comprend rapidement l'originalité du lieu : Une bande de terre de 5 mètres de large sépare la mer des Caraïbes de l'océan Atlantique et les deux rives n'ont pas la même allure : Coté ouest une plage de sable blanc, en pente douce, de l'autre une cote rocheuse et algueuse... La baie est superbe, une dizaine de bateaux y stationnent, la seconde carte postale de la journée


Au menu du soir une langouste, achetée bien vivante à un boat-boy, que nous allons griller au BQ, mais auparavant nous sommes invités par des amis hollandais, rencontrés au Marin, la veille de l'arrivée de Florence, à une « rhum-party » sur la plage. Malheureusement, nous n'avons pas dû nous comprendre puisque, lorsque nous arrivons au rendez-vous, à l'heure dite, nos hôtes sont à table. Nous retournons donc à bord, un peu piteux, un peu seulement car notre crustacé nous attend. La mise à mort de la bête est un peu difficile car le petit couteau pointu qui sert à découper l'animal en deux n'est ni pointu, ni bien costaud.

Tout est bien qui finit bien au BQ ! Cette langouste se révèle succulente, accompagnée d'une sauce mixant rhum, crème fraiche et jus de queue. Encore une journée de bagne qui s'achève !



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